C'est dans les années 70 que Marie a fait la rencontre fracassante de Serge Gainsbourg. Le provocant chanteur-compositeur se trouvait dans le Gard, près d'Uzès, pour réaliser son premier film “Je t'aime moi non plus”. Lors de cette rencontre éclair, l'homme à la tête de chou a été d'une grande courtoisie.
Dans quelles circonstances avez vous fait la connaissance de Serge Gainsbourg ?
Marie : Ce fut une rencontre tout à fait inattendue. Cela devait être en 1974. Je venais d'avoir 30 ans, j'habitais la région de Nîmes et je conduisais une 2 CV grise. A l'époque, j'étais très tête en l'air, je voulais toujours faire trente-six choses à la fois. Un matin, je me suis rendue compte que j'avais oublié quelque chose chez moi et j'ai voulu faire un demi-tour sur la route. J'ai reculé sans regarder et j'ai accroché une voiture qui arrivait dans l'autre sens. Heureusement elle ne roulait pas très vite. Deux hommes en sont descendus et se sont approchés de mon véhicule. L'un d'eux était Serge Gainsbourg.
Comment était-il à cette époque ?
J'étais un peu sonnée par le choc mais je l'ai très rapidement reconnu. Il était impeccable, rasé de près et avait beaucoup d'allure. Je l'ai trouvé très séduisant !
Comment a-t-il réagi ?
Il n'était pas du tout énervé. Il a été très gentil et m'a tout de suite demandé si j'allais bien. Il ne se préoccupait pas de l'état de leur voiture mais s'inquiétait seulement pour moi. Je savais que j'étais en tort sur toute la ligne donc je m'inquiétais un peu de la suite des événements... Serge Gainsbourg a été d'une grande générosité, il ne m'a rien demandé et est reparti avec sa voiture cabossée, rassuré en voyant que je n'avais rien ! C'était un grand bonhomme... Plus tard, ça me gênait d'entendre certaines critiques sur lui car, pour moi, il n'était pas du tout comme ça.
S'il était encore parmi nous aujourd'hui, quel message lui auriez-vous adressé ?
J'ai été très touchée par sa mort en 1991. Je suis sûre qu'il aurait encore composé de magnifiques chansons. Aujourd'hui, je l'imagine au Paradis, en compagnie de tous les grands musiciens qui l'y ont précédé. Le Bon Dieu a bien de la chance d'avoir une telle compagnie !