des enfant en gainsbourg

Serge Gainsbourg écoute les enfants et son coeur est touché

# Posté le jeudi 30 octobre 2008 16:52

de gainsburg à gainsbourg

de gainsburg à gainsbourg
C'est en 1919 que Joseph et Oletchka Ginsburg quittent la Russie pour Paris, fuyant le bolchevisme, en passant par Constantinople puis Marseille. Joseph est pianiste de bar et de cabaret. Ils ont un premier fils, Marcel, qui meurt en bas âge. Ils auront ensuite une fille, Jaqueline, en 1927, puis des faux jumeaux, Liliane et Lucien, en 1928, dont l'un est Lucien Ginsburg, nés rue de la Chine dans le 20e arrondissement de Paris.

Dans son enfance, le petit Lucien vit à Paris dans les quartiers populaires. Son père lui apprend le piano classique et le poussera vers le monde de la peinture.

Les années de la guerre sont dures pour lui, il se réfugie en province et il est obligé de porter l'étoile jaune (« Une étoile de shérif », dira-t-il plus tard par dérision). Il devra même se cacher trois jours durant dans une forêt tandis que les SS recherchent les juifs.

De retour à Paris, la petite famille s'installe dans le XVIe arrondissement de Paris. Lucien est en échec scolaire et abandonne peu avant le bac au Lycée Condorcet. Il s'inscrit alors aux Beaux-Arts mais est rebuté par les hautes études mathématiques et abandonne. Il rencontrera là sa première femme, Elisabeth Levitsky, qui a des accointances avec les surréalistes.

L'année 1948 est une année importante pour Lucien qui fait son service militaire où il sera mis tout bonnement au trou pour insoumission. Il commence là sa « période » éthylique ; privé de permission, il s'enivre au vin avec ses camarades de régiment.


Un déclic avec Boris Vian
Jusqu'à l'âge de trente ans, Serge vit de petits boulots. Il est tour à tour professeur de dessin, de chant, pion... Mais son activité principale est la peinture. Il aurait aimé être un génie de la peinture comme Francis Bacon ou Fernand Léger, dont il fut l'élève, mais il abandonne rapidement la bohème pour devenir « crooner » de piano-bar dans les casinos de la côte comme Deauville et dans des boîtes parisiennes comme Madame Arthur.

Il a une révélation en voyant Boris Vian, qui écrit et interpète des textes provocateurs, drôles, cyniques, qui font grincer des dents, loin des vedettes du moment, comme Dario Moreno ou Annie Cordy.

En 1957, c'est par hasard que Michèle Arnaud, chanteuse « rive gauche », qu'il accompagne à la guitare dans son tour de chant au cabaret Milord l'Arsouille (où, le reste du temps, il est pianiste d'ambiance), découvre avec stupéfaction les compositions de Gainsbourg et l'incite à interpréter son propre répertoire au même cabaret. Elle sera d'ailleurs sa première interprète en enregistrant, dès 1958, les titres La Recette de l'amour fou, Douze belles dans la peau, Jeunes femmes et vieux messieurs et La Femme des uns sous le corps des autres.
C'est là qu'il fait ses premières armes, compose de nombreuses chansons et même une revue. Il se lance aussi dans sa course effrénée des femmes, qu'il séduit en grand nombre, ce qui le fait s'éloigner de son épouse d'avec qui il divorce en 1957, six ans après leur mariage.

Son premier album, Du chant à la une d'où est extrait Le Poinçonneur des Lilas, détonne mais est un échec commercial. Il est remarqué par Marcel Aymé, qui dit que ses chansons « ont la dureté d'un constat ». Son maître Boris Vian, avant de mourir en 1959, le compare à Cole Porter.

Lorsque l'époque des yéyés arrive, il est alors âgé de 32 ans, il n'est pas très à l'aise : il passe en première partie de Brel ou Gréco, mais le public le rejette et les critiques cruels se moquent de ses grandes oreilles et de son nez proéminent.

Il rencontre alors Elek Bacsik et Michel Gaudry et leur demande de faire un disque avec lui. Ce sera Gainsbourg Confidentiel empreint d'un jazz archi-moderne qui plaisait tant à Gainsbourg mais qui, il le sait, ne lui permettra jamais d'atteindre le succès. Ce merveilleux disque (le meilleur, selon les spécialistes) ne se vendit qu'à 1 500 exemplaires. Sa décision était prise dès la sortie du studio : « Je vais me lançer dans l'alimentaire et m'acheter une Rolls ».


L'Eurovision pour France Gall
C'est en écrivant pour Juliette Gréco (Accordéon, La Javanaise) et Petula Clark (La Gadoue) qu'il rencontre ses premiers succès, mais c'est avec Françoise Hardy (Comment te dire adieu) et surtout France Gall qu'il va réussir à séduire un public jeune. Après ses premiers succès gainsbourgiens (N'écoute pas les idoles, Laisse tomber les filles), France Gall remporte, en 1965, le grand Prix du Concours Eurovision de la chanson après avoir choisi le titre Poupée de cire, poupée de son parmi les dix qu'on lui proposait. La chanson lauréate devient le tube international qui passe sur toutes les ondes et que France Gall enregistre même en japonais (Archive INA : France Gall et Serge Gainsbourg reçoivent le Grand Prix Eurovision de la chanson à Naples en 1965). Gainsbourg continue sur la veine du succès avec France Gall, en 1966, grâce à Baby pop et surtout aux Sucettes à l'anis.

Fin 1967, il vit ensuite une passion courte mais torride avec Brigitte Bardot à qui il dédie la chanson Initials B.B. après lui avoir écrit quelques titres emblématiques (Harley Davidson, Bonnie and Clyde, Je t'aime... moi non plus, même si ce dernier titre enregistré avec elle en duo en 1967 en version symphonique fut rendu célèbre l'année suivante par Jane Birkin ; la version originale, d'abord gardée secrète par Serge à la demande de Brigitte Bardot, ne sortira quant à elle qu'en 1986 : ce sera un tube !).

Sur le plateau du tournage de Slogan, en 1968, il rencontre Jane Birkin pour laquelle il sera à nouveau auteur-compositeur. C'est Je t'aime... moi non plus puis 69 Année érotique, immenses succès qui dépassent les frontières.

Ils deviennent pendant dix ans un couple très médiatique, les Lennon-Yoko Ono français, à la pointe de l'actualité, chacun enchaînant tournage après tournage.

Ses années 1970 sont marquées par l'écriture et la composition de 4 albums phares : Histoire de Melody Nelson en 71, Vu de l'extérieur en 73, Rock around the bunker en 75 et L'Homme à tête de chou en 76. Si, au départ, ces albums rencontrent peu de succès commercial (les ventes plafonnent à 30 000 exemplaires), ils le hissent au rang de l'avant-garde de la chanson française.

Melody Nelson est accueilli par la presse comme « le premier vrai poème symphonique de l'âge pop ».

En mai 1973, Serge Gainsbourg est victime d'une crise cardiaque. Il continue pourtant de boire et de fumer, fidèle au personnage qu'il est en train de devenir.

L'album Vu de l'extérieur comporte un tube : Je suis venu te dire que je m'en vais et un titre de « poésie pétomane » qui donnera matière à son roman Evguenie Sokolov.

Avec Rock around the bunker il pousse l'auto-dérision (il avait du se cacher des lois antijuives de l'Occupation) et la provocation à son comble : il tourne en dérision, au second degré, l'esthétique et la verroterie nazies. L'album, enregistré à Londres, est radicalement rejeté par les programmateurs de radio qui ne voient dans cette farce à la Boris Vian qu'une provocation scandaleuse avec des titres comme Nazi rock ou Tata teutonne. Pourtant, à la fin de la décennie 1980, cet album sera couvert de disques d'or.


Marseillaise reggae
On lui demande des bandes sonores de films. Il abandonne sans regret la scène jusqu'en 1979, réconcilié avec le public grâce à sa Marseillaise revue « à la sauce reggae » (dont le refrain est "aux armes et caetera"), avec la participation des choristes de Bob Marley et des musiciens de Peter Tosh.

Ses disques solo lorgnent d'abord vers le jazz et les rythmes afro-cubains, c'est le fameux « Gainsbourg Percussions » avec des rimes audacieuses hachées menu. Il cultive son aura d'artiste culte en participant à de nombreux films. Malheureusement pour lui, s'il est considéré comme un acteur de talent, il ne tourne pratiquement que dans des films de peu d'ampleur.

En 1976 il se lance pour la première fois dans la réalisation cinématographique. Son film Je t'aime moi non plus obtient très vite une réputation sulfureuse avec un scénario audacieux touchant aux tabous de l'homosexualité et de l'érotisme. Il réalise trois autres films, Équateur en 1983, Charlotte for ever en 1986 et enfin Stan the flasher en 1990. Ses films ont peu de succès, les sujets abordés étant toujours provocateurs, que ce soit l'inceste (Charlotte for ever), la pédophilie, l'exhibitionnisme (Stan the flasher) ou l'homosexualité...

Il compose des tubes comme L'Ami Caouette mais surtout le fameux et sombre album L'Homme à tête de chou avec ses sulfureuses Variations sur Marilou. En 1979, il rejoint le groupe rock Bijou sur scène et verse une larme : le jeune public rock lui fait une ovation.

Son nouvel album enregistré à Kingston devient disque de platine en quelques mois. La Marseillaise reggae choque le journaliste du Figaro Michel Droit qui écrit un article assasin, à la limite de l'antisémitisme. Serge lui répondra par voie de presse dans un article intitulé On n'a pas le con d'être aussi Droit. La salle de concert à Strasbourg où il doit se produire est saccagée par des militaires (le chaos est tel que ses musiciens noirs refusent d'entrer sur scène), ce qui n'empêche pas Serge d'entamer une tournée triomphale avec ses acolytes reggae, les fameux Sly and Robbie accompagnés des choristes de Bob Marley : les I Threes.


« Gainsbarre »

Maison de Serge Gainsbourg de la rue de Verneuil à Saint Germain des Prés conservée en l'état par Charlotte Gainsbourg après le décès de son pèreLes boîtes de nuit, les beuveries, le noctambulisme, la décrépitude physique... De plus en plus, « Gainsbarre » succédera à Gainsbourg avec quelques apparitions télévisées plus ou moins alcoolisées. Il forge ainsi sa légende de poète maudit mal rasé et ivre qui lui vaut tantôt l'admiration tantôt le dégoût. Au bout de dix ans Jane Birkin n'en peut plus et le quitte.

Gainsbourg écrit son nouvel album reggae avec ces paroles sur Ecce Homo : « Il est reggae hilare, le c½ur percé de part en part ».

Il rencontre une nouvelle égérie, Bambou, pour laquelle, manie gainsbourgienne, il ne peut s'empêcher de composer. Il lui fait chanter quelques titres qui ne rencontrent pas les faveurs du public (Album Made in China - 1989).

Son ½uvre intégrale sort en coffret CD avec de nombreux introuvables que les collectionneurs s'arrachaient à prix d'or ; toutefois, les chansons écrites pour ses interprètes ne sont pas incluses. Il part ensuite pour New York où il va enregistrer ses deux derniers albums, Love on the Beat et You're under arrest. Après le reggae, il se frotte au hip-hop et au funk. Il se produit de longues semaines en concert au Casino de Paris.

Serge Gainsbourg s'éteint en 1991 à la suite d'une cinquième crise cardiaque, un comble pour celui qui suivait affligé les enterrements de ses cardiologues successifs !


Tombe de Serge, Olga et Joseph GainsbourgIl est enterré avec ses parents au cimetière du Montparnasse (1ère section) à Paris où sa tombe est l'une des plus visitées avec celles de Jean-Paul Sartre - Simone de Beauvoir et de Charles Baudelaire qu'il mit en musique (Baudelaire, Le serpent qui danse, Album n°4, 1962). Depuis 1991, sa tombe déborde constamment de plantes et objets divers (photos, choux - pour L'Homme à la tête de..., petits mots, tickets de métro recouverts d'un message - ce qu'on retrouve sur d'autres tombes du cimetière mais qui pour l'auteur du Poinçonneur des Lilas a une saveur particulière). La tombe porte le nom de Serge Gainsbourg et de ses parents, Olga (1894-1985) et Joseph (1896-1971) Ginsburg.

Lors de son enterrement, le 7 mars 1991, vinrent notamment parmi la foule, outre sa famille, Catherine Deneuve, Isabelle Adjani, Patrice Chéreau, Renaud, Johnny Hallyday, les ministres Jack Lang et Catherine Tasca. Catherine Deneuve lut sur la tombe le texte de la chanson Fuir le bonheur de peur qu'il se sauve (source L'Humanité du 8 mars 1991).

On peut dire, en 2006, que Gainsbourg demeure une présence influente et importante de la chanson française. De nombreux chanteurs de la « nouvelle scène française » le citent en référence ainsi que certains rappeurs comme Stomy Bugsy et MC Solaar.

Serge Gainsbourg est le père de l'actrice Charlotte Gainsbourg, issue de son union avec la comédienne et chanteuse Jane Birkin. Il a interprété, avec sa fille, le morceau Lemon Incest dans l'album Love on the beat en 1984.

Il est également le père d'un garçon, Lucien dit Lulu, né de son union avec Bambou. Il a deux autres enfants, Natacha, née en 1964 et Paul, né en 1968, nés d'un précédent mariage avec Françoise Pancrazzi, dite Béatrice, dite « la princesse Galitzine » avec laquelle il vécut un peu moins d'une décennie dans les années 60.


Influence
Serge Gainsbourg marque fortement la musique française. Il n'hésite pas à métisser ses compositions avec des influences musicales très variées, contribuant à en populariser certaines en France :

le reggae, avec l'album Aux armes et caetera... suivi de Mauvaises nouvelles des étoiles enregistrés à Kingston (Jamaïque),
le rap avec You're under arrest,
la musique afro-cubaine (Couleur café entre autres),
le jazz,
le classique : plusieurs de ses morceaux sont inspirés de thèmes classiques tels que Lemon Incest ou Ma Lou Marylou,
le rock progressif : Melody Nelson.
La musique de Gainsbourg sera par la suite fréquemment échantillonnée et réutilisée par des artistes aussi bien français (ex : MC Solaar pour Nouveau Western) qu'internationaux (ex : Massive Attack dans son Karmacoma (Portishead experience) ou Jennifer Charles, d'Elysian Fields, qui reprend Les Amours Perdues, sur un album de reprises de Gainsbourg). L'album « Monsieur Gainsbourg revisited » sorti en mars 2006, regroupe 14 adaptations anglaises réalisées par Boris Bergman et interprétées notamment par Franz Ferdinand, Portishead, Jarvis Cocker, Kid Loco, Gonzales, Feist, Tricky...

Serge Gainsbourg imprime en outre durablement sa marque grâce à ses textes. Dans un style poétique, il n'hésite pas à produire des rimes complexes (Comment te dire adieu). Friand de jeux de mots, il s'appuie fréquemment sur le double sens. Les allusions érotiques sont de plus en plus fréquentes au fur et à mesure de sa carrière. Certaines de ses chansons marquent les mémoires par leur caractère provocateur, ainsi les allusions appuyées à la fellation dans Les Sucettes, qui provoquent l'émoi dans la bouche d'une France Gall d'à peine dix-huit ans. Elle dira n'avoir compris le double sens du texte que des années après (Archives INA : Gainsbourg interroge Gall sur le sens des Sucettes, ORTF 1967). Puis c'est Jane Birkin feignant l'orgasme dans Je t'aime, moi non plus, tube planétaire. Gainsbourg fleurte avec le tabou de l'inceste en compagnie de sa fille, la frèle Charlotte Gainsbourg :dans les années 80 elle accompagne son père dans le duo Lemon Incest titre évocateur qui suscitera une levée de boucliers. Gainsbarre atteindra les sommets de la provocation érotique avec le tube Love on the beat : véritable poême pornographique, dit par lui même d'une voix monocorde et cassée. Le fond sonore est constitué des cris orgasmiques de Bambou, enregistrée à son insue...L'orchestration baigne dans un Funk froid et les choeurs scandent le titre de la chanson de leurs voixs androgynes et mouvantes.

Serge Gainsbourg écrit pour de nombreuses interprètes, seules ou le temps d'un duo à ses côtés, notamment :

Isabelle Adjani : Pull Marine, Rocking chair
Elisabeth Anais : Mon père un catholique
Michèle Arnaud : La Femme des uns sous le corps des autres, Les Papillons noirs
Isabelle Aubret : Il n'y a plus d'abonné au numéro que vous avez demandé
Brigitte Bardot : Bonnie and Clyde, Harley Davidson, Comic strip, Je t'aime... moi non plus
Minouche Barelli : Boum badaboum
Jane Birkin : son égérie
Petula Clark : La Gadoue
Pia Colombo : Défense d'afficher
Dalida : Je préfère naturellement
Mireille Darc : La Cavaleuse
Catherine Deneuve : Dieu est un fumeur de havanes,Souviens-toi de m'oublier
Diane Dufresne : Suicide
Marianne Faithfull : Hier ou demain
France Gall : Poupée de cire, poupée de son, Les Sucettes, Laisse tomber les filles
Juliette Gréco : Accordéon, La Javanaise
Françoise Hardy : Comment te dire adieu
Zizi Jeanmaire : Bloody Jack, ...
Anna Karina : Sous le soleil exactement, Roller Girl
Valérie Lagrange : La Guérilla
Viktor Lazlo : Amour puissance six
Lisette Malidor : Y'a bon
Michèle Mercier : La Fille qui fait tchic-ti-tchic
Nana Mouskouri : Les Yeux pour pleurer
Vanessa Paradis : Dis-lui toi que je t'aime, Tandem
Régine : Les P'tits papiers
Catherine Sauvage : Baudelaire, ...
Stone : Buffalo Bill
Joëlle Ursul : White And Black Blues
Marie-Blanche Vergne : Au risque de te déplaire
À sa demande, il écrit deux albums pour Alain Chamfort.


Récompenses
1996 : César de la meilleure musique (décerné à titre posthume) pour le film Élisa de Jean Becker (1994)
1965 : Remporte le Concours Eurovision de la chanson avec le titre Poupée de cire, poupée de son interprété par France Gall qui concourt pour le... Luxembourg. Il finira aussi deuxième en 1990 avec le White and Black Blues interprété par Joëlle Ursull (France) et cinquième en 1967 avec Boum badaboum interprété par Minouche Barelli (Monte-Carlo).

il est a mes yeux l'une des legendes de la chanson française meme plus que française

# Posté le vendredi 31 octobre 2008 17:07

Modifié le vendredi 07 novembre 2008 14:55

Initials B.B. Serge Gainsbourg

                                                                    Initials B.B. Serge Gainsbourg
Une nuit que j'étais
A me morfondre
Dans quelque pub anglais
Du c½ur de Londres
Parcourant l'Amour Mon-
Stre de Pauwels
Me vint une vision
Dans l'eau de Seltz

Tandis que des médailles
D'impérator
Font briller à sa taille
Le bronze et l'or
Le platine lui grave
D'un cercle froid
La marque des esclaves
A chaque doigt

Jusques en haut des cuisses
Elle est bottée
Et c'est comme un calice
A sa beauté
Elle ne porte rien
D'autre qu'un peu
D'essence de Guerlain
Dans les cheveux

A chaque mouvement
On entendait
Les clochettes d'argent
De ses poignets
Agitant ses grelots
Elle avança
Et prononça ce mot :
Alméria

Cette chanson a été écrite et composée par Gainsbourg en 1968, en hommage à la mythique Brigitte Bardot, surnommée "B. B". Il sortit la chanson après sa rupture avec Bardot : c'est une "chanson d'adieu". Gainsbourg et Bardot se sont rencontrés en 1967, et sont vite devenus inséparables, bien que Brigitte soit déjà mariée.

Le refrain est un air classique que Gainsbourg a repris. Le refrain transpire l'amour et le chagrin.

La chanson donne des détails propres à B. B, dès le 1er couplet. Par exemple, quand Gainsbourg parle du livre "L'amour monstre", écrit par Pauwels. C'est Brigitte elle-même qui a conseillé à Serge de lire ce livre.
Autre clin d'oeil évident : le 3ème couplet. Il parle de la tenue vestimentaire de Bardot dans le clip "Harley Davidson", énorme hit écrit par Gainsbourg. Dans le clip, elle porte des cuissardes ("jusqu'en haut des cuisses, elle est bottée"), ce qui fit largement fantasmer la gente masculine.
Il y a d'autres clins d'oeil, dont le mot "Almeria" à la fin de la chanson. Almeria (Espagne) est le lieu de leur rupture définitive. En effet, Brigitte part y tourner le film "Shalako", avec Sean Connery, et Gainsbourg ne la revoit plus jamais après ce départ.

Cette chanson témoigne donc à quel point Gainsbourg était amoureux de Bardot. Ça montre aussi le choc de la rupture : brutal et rapide, à cause d'une crise de jalousie du mari de Bardot. Gainsbourg a été très affecté par la rupture, il dit lui même "cette fille m'a marqué au fer rouge"

# Posté le samedi 01 novembre 2008 11:21

Modifié le vendredi 07 novembre 2008 14:55

Le maitre des maitres... Serge Gainsbourg (témoignage)

Le maitre des maitres... Serge Gainsbourg (témoignage)
Les plus jeunes d'entre vous ne l'ont pas connu mais connaissent encore Lucien Ginsburg, devenu en quelques années, Serge Gainsbourg pour terminer sa carrière en Gainsbarre !

Dessinateur, sculpteur, peintre, poète, réalisateur, acteur, musicien (guitare et piano), auteur, compositeur et interprète, il a tout fait avec pureté, talent et une fameuse pincée d'autodérision, d'intelligence, d'humour, de cynisme, de provocation.

La provocation c'est ce qui reste dans les mémoires en dehors de ses oeuvres tantôt magistrales, tantôt incomprises mais ne laissant personne indifférent !
Oui la provocation de cet homme qui ose venir sur les plateaux de télévision dans un état d'ébriété certain; celui qui insulte ouvertement de pute Catherine Ringer, leader du groupe Les Rita Mitsouko; celui qui brûle en direct une grande partie d'un billet de 500 francs pour démontrer, devant la France entière, l'excès de taxe; celui qui chante "Lemon Incest" avec sa fille de 14 ans (Charlotte, maintenant chanteuse et actrice); celui qui annonce un samedi soir sur France 2 à Withney Houston : "I want to fuck you"; celui qui réinterprète la Marseillaise sous le titre "Aux Armes et caetera"; celui, enfin, qui se détruit dans l'alcool et à dose massive de cigarette Gitane qu'il allume une à une sur les plateaux tv ou sur scène !

Mais se rappelle-t-on du Serge Gainsbourg qui crie son amour aux grands auteurs; celui qui chante "My Lady Heroine" ou "Aux Enfants de la Chance" contre la consommation de drogue; celui qui a fait gagner la France à l'Eurovision 1965; celui qui est l'un des premiers à parler ouvertement de l'homosexualité; celui qui parle d'amour avec tendresse ou rage mais dans un respect commun; celui qui fait rouler les mots et les entrecroisent comme si de rien n'était; celui qui reverse de l'argent aux oeuvres sans en faire publicité; celui qui a amené pour la première fois ce que l'on appelait pas encore le rap; celui qui métissait tous ses morceaux et criait "Mort aux racistes !"; celui qui, enfin, jette sur la toile et sur les disques toute une imagerie textuelle et cinématographique, qui compose et interprète ou fait interprété... des chef-d'oeuvres qui n'ont pas pris de rides et qui sont toujours utilisés dans la musique actuelle : de Portishead à Franz Ferdinand, de MC Solaar à Massive Attack et Brian Molko ...

Que l'on aime ou pas le personnage, il faut tout de même lui reconnaître un génie absolu que nul n'a pu égaler jusqu'à présent !
Charmeur, charismatique, il aimait les femmes et les a ... collectionné : de Bardot à Jane Birkin, de Deneuve à Bambou, la liste serait trop longue...

Beaucoup n'ont pas compris que derrière cette façade de Gainsbarre alcoolique se cachait un homme au coeur tendre, tendant sans cesse vers sa perfection qui ne pourra jamais attrapé, souffrant dans sa chair et dans sa tête sans cesse, il se cachait, préférant épicurisme à l'éternel, préférant mordre avant d'être mordu... Il s'est construit une carapace pour éviter la réalité d'une vie qu'il retraçait dans ses chansons... Une image suicidaire alors qu'il aimait profondément la vie et n'hésitait jamais de donner du bonheur autour de lui.

Il aimait être mentor sans être une référence, il aimait se sentir aimer par les siens et le public, il aimait tout et n'importe qui !

Il restera aussi des pensées sublimes comme :

* La connerie, c'est la décontraction de l'intelligence.

* Je n'ai pas l'esprit d'escalier, j'ai l'esprit d'ascenseur en panne.

* Je prétends préférer me faire écraser par une Rolls-Royce que par un seize tonnes.

* Je mets toujours les dieux au pluriel, de peur qu'il y en ait un qui le prenne mal.

* La laideur a de supérieur à la beauté, c'est qu'elle dure.
.......

Vous imaginez-vous dans quel état d'esprit j'étais donc ce 30 mars 1988, dans les combles de Forest National quand j'ai vu la voiture qui amenait le maître que nous attendions tous pour (ce que nous ne savions pas encore) son ultime concert en Belgique.
Je n'ai pas peur de le dire, j'étais tremblant et surtout pas sûre de moi et encore moins de ma démarche pour obtenir une trace d'une rencontre furtive mais totalement magique.

C'était le jour de mon anniversaire, à quelques heures du live le plus important de ma vie intitulé "You're Under Arrest", j'avais ma place dans la main gauche et une photo chinée dans un magazine dans la main droite (j'étais jeune, je n'avais pas l'attirail du parfait chasseur à l'époque).

La voiture s'est avancée, le temps s'est arrêté dans ma tête, je n'entendais plus les oiseaux chantés, le moteur de la voiture vombrir, les cris des fans agglutinés devant les portes de Forest National... J'étais dans un autre monde !
N'attendant pas qu'il descende de voiture et, alors que j'étais aphone, je ne savais que lui faire un signe... Signe auquel il a répondu en m'invitant près de lui.
Il a sorti de sa poche intérieure une petite trousse dans laquelle trônait une plume et de l'encre de chine. Doucement, il dévissa le bouchon de l'encre, en mis sur la plume et signa "Gainsbourg" sur l'article que je lui tendais.

Ridicule support pour montrer toute mon admiration à celui qui a bercé toute mon enfance et mon adolescence mais je ne pouvais rien faire, pétrifié par la peur, l'admiration; j'étais devant un dieu à qui je ne pouvais rien exprimer car bloqué par ce charisme et cette tête marquée par l'expérience.

Il est parti comme il est venu, comme bercé sur un nuage de fumée... Surement provoquée par sa Gitane fumante... Je n'ai rien vu, rien entendu mais je l'avais en main... J'ai seulement pris conscience de cette rencontre plusieurs heures plus tard après ce concert sublimissime, plein d'humanité, de chaleur, d'amour et de talent.

# Posté le samedi 01 novembre 2008 11:27

Modifié le vendredi 07 novembre 2008 14:55

No comment (+ Interview)

Si j'ai quoi affirmatif et quoi d'autre no comment
Si je baise affirmatif quoi des noms no comment
Des salopes affirmatif des actrices no comment
Des gamines affirmatif de quel âge ooh ooh ooh

Si j'ai quoi affirmatif et quoi d'autre no comment
Si je bande affirmatif pour qui ça no comment
Pour des putes affirmatif et qui d'autre no comment
Brunes blondes affirmatif et rouquines ooh ooh ooh

Si j'ai quoi affirmatif et quoi d'autre no comment
Si j'assure affirmatif quoi tout seul no comment
D'la technique affirmatif du doigté no comment
Self control affirmatif comment ça ooh ooh ooh

Si j'ai quoi affirmatif et quoi d'autre no comment
Si j'aime ça affirmatif quel côté no comment
Peut importe affirmatif c'que j'préfère no comment
Obsédé affirmatif sexuel ooh ooh ooh

Si j'ai quoi affirmatif et quoi d'autre no comment
Si j'assure affirmatif quoi tout seul no comment
D'la technique affirmatif du doigté no comment
Self control affirmatif comment ça ooh ooh ooh

Si j'ai quoi affirmatif et quoi d'autre no comment
Si j'aime ça affirmatif quel côté no comment
Peut importe affirmatif c'que j'préfère no comment
Obsédé affirmatif sexuel ooh ooh ooh


avec a la fin de la chanson un Interview de serge gainsbourg

# Posté le dimanche 02 novembre 2008 16:02